Robert Adams, on the edge
Par Tadzio le dimanche 13 janvier 2008, 22:39 - art - Lien permanent

L’exposition « On the Edge » confronte les deux types de paysages que Robert
Adams est amené à observer depuis sa maison située sur la côte ouest des
États-Unis. Il est fasciné par la pensée que «si l’on se tourne vers l’est, on
fait face aux vestiges d’une forêt pluviale, l’une des plus belles du monde
avant qu’on l’eût détruite, tandis que si l’on se tourne vers l’ouest, on
contemple la mer immense. Elle n’est pas intacte, mais elle est encore belle
et, comme toute beauté, contient en elle une promesse.» La juxtaposition
remarquable de ces visions indissociables mais géographiquement opposées invite
à nous poser les questions soulevées par l’artiste lui-même: «Sommes-nous
libres d’agir selon notre désir? Devons-nous être tenus
pour responsables des conséquences de nos actes? Pourrons-nous être
pardonnés?»
Dirigeant son regard vers l’ouest, Robert Adams a réalisé au début des
années 90 les séries « West from the Columbia » et « Time Passes », le titre de
cette dernière faisant référence à l’un des chapitres de « To the Lighthouse »
(Vers le Phare) de Virginia Woolf. Ces images hypnotiques et pleines d’espoir
de l’océan semblent annoncer une renaissance et une rédemption; des vagues
apaisantes transportent le spectateur vers un autre espace et un autre temps.
Lorsque Robert Adams s’est tourné vers l’est, une tout autre série a vu le
jour. Réalisée de 1999 à 2003, « Turning Back »consiste en une étude de la
déforestation et contraste violemment avec la sérénité de « West from the
Columbia »et « Time Passes ».
Elle témoigne de la rapidité avec laquelle les forêts de l’Ouest américain ont
disparu, un phénomène dénoncé par Robert Adams: «La pratique de la sylviculture
industrielle s’appuyait et s’appuie toujours sur une méthode agressive appelée
“coupe claire” qui consiste à laisser la terre presque à nu. L’expérience
apporte la preuve évidente que la coupe claire aboutit finalement à
l’épuisement des sols, à la déforestation et au changement climatique.»
Choisies par Adams pour être présentées à la Fondation Cartier, ces trois
séries reflètent précisément les pensées et les paysages qui sont actuellement
au cœur de ses tourments et de ses préoccupations.
jusqu'au 27 janvier à la fondation Cartier.